jeudi 23 avril 2020

Petites et grandes nouvelles

Nouvelles du front

Terminé les grands délires philosophiques. On revient au concret.

Grande nouvelle : le marché de Bourganeuf est rouvert. Il se situe sous la Tour, dans la partie la plus basse du marché habituel, en face du Crédit Agricole. Fort bien géré par la municipalité, avec un circuit, il rassemble environ 25 bancs, tous alimentaires ou de plants pour le potager. Les gens ont le sourire, contents de se retrouver. Il y a du monde, la queue à pratiquement tous les étals. La championne est Clarisse, avec la plus longue file d’attente du marché. 

Il ne reste plus que celui de Peyrat-le-Château, ouvert officieusement par ses habitants, mais toujours officiellement fermé. 

La mairie d’Eymoutiers a fait paraitre son bulletin d’informations Covid-19 n° 2. Si vous avez le n° 1, ne paniquez pas, c’est presque un simple copier-coller. Je vous le mets dans « Nouvelles du front ». Et toujours la même présentation de type faire-part de décès !

Un ami m’a écrit hier :                                                                                          
« Une chance ce printemps aquitain /limousin
les fleurs les oiseaux les nuages aux couleurs d'éternité, les cymbales du soleil
et la flûte de l'infini
on en rêverait »
Merci Régis

Jardin : pour les plus optimistes, il faut démarrer les plantations et les semis. 

A l’international

Bonne nouvelle (?), le gouvernement français a finalement reconnu que les masques et les kits de diagnostic étaient indispensables dans cette pandémie. Il me semble bien avoir dit la même chose il y a… deux semaines ! (voir article du 8 avril). Passons.

Nouvelle technique de traçage du virus, la phylodynamie permet de suivre la course du virus dans le monde. C’est très impressionnant. J’essaierai de vous faire un petit billet là-dessus un jour prochain.

Capture d'écran sor le site Nexstrain
Il est recommandé de fumer ! C’est une découverte des chinois (encore eux). C’est une vaste étude clinique, parue dans le NEJM du 28 février, « Clinical Characteristics of Coronavirus Disease 2019 in China » et qui m’avait totalement échappée, qui le révèle. Je vous mets un résumé de cet article très important dans « Dossier coronavirus » sous le titre « Signes cliniques du Covid-19 ». 

Des études ont démarré pour savoir si la nicotine avait une action sur le virus. Mais comme les cigarettiers du monde entier mettent plein de cochonneries avec le tabac… 

 

 

mercredi 22 avril 2020

Respiration


La semaine dernière, j’ai reçu un mail d’un ami philosophe. Voici un extrait : « Tout le monde s’en f… mais c’était le 40e anniversaire de la disparition de Sartre, qui manque terriblement. Un seul vrai article repéré dans la presse celui d’une amie dans le Monde Diplomatique (si ça t’intéresse je te l’extrairai pour te l’envoyer) ».

Je suis resté figé devant son courrier pendant bien dix minutes. Incroyable, en cette période plus que troublée, il y en a un au moins qui pense, et qui pense à Sartre ! Je n’ai pas ma bibliothèque ici, mais j’ai eu immédiatement envie de le relire. Bien sûr il « manque terriblement ». « L’existence précède l’essence », « L’homme est condamné à être libre ! ». Mais c’est terriblement actuel. Je me suis précipité sur le « Monde Diplomatique ». L’article d’Anne Mathieu est bon, mais c’est une femme et elle est amoureuse, amoureuse de Sartre. Donc suspecte. Mais ça fait du bien de voir Sartre ainsi défendu. Attention de ne pas trop en faire, il y a des zones d’ombre dans sa vie (l’occupation, la brouille avec Camus…). Peu importe, c’est un Grand, un grand philosophe, un grand écrivain, un homme d’action, un amoureux de la culture et des arts, ami de Miles Davis et de… Paul Rebeyrolle, oui, « notre » Paul Rebeyrolle, un rebelle comme lui, et ami de Georges Guingoin « Le Cyclope », encore un rebelle. Comme le monde est petit*. Je plonge avec délices sur « Coexistences » qu’il a préfacé chez Maeght éditeur en 1970. Un long texte sur Rebeyrolle et ses engagements : engagement politique, engagement dans la peinture, engagement dans l’amour et la vie. Tout cela ne fait qu’un et cela illustre bien son existentialisme, « Il n’y a de réalité que dans l’action ».

Je ne sais plus ce que j’ai répondu, un truc bête probablement, du genre : je préfère Camus et Foucault, normal pour un médecin. Alors, il m’a sermonné :
« De toute façon c’est Sartre qu’il faut lire !
La Nausée, Le diable et le bon dieu, Les mots, 
L’existentialisme est un humanisme, pour commencer, puis, par exemple le Saint Genet (texte très injustement méconnu à mon avis), ou encore, sans peur, mais avec une petite douceur dans le verre, la 4e partie de L’Etre et le Néant, sur la liberté (si ça t'amuse, j’ai fait une émission sur France Culture à ce sujet).

Si ça m'amuse ! Alors promis, je vais commencer par les deux émissions de France Culture, mais pour cela il faut que je sois éveillé entre minuit et 6 h du matin, forfait satellite oblige ; puis, après le déconfinement, je retournerai chercher mes livres dans ma bibliothèque. Et, comme je suis incorrigible, je relirai aussi les leçons au Collège de France de Michel Foucault, ses leçons sur le Pouvoir. Encore un philosophe engagé, qu’on a décidé d’oublier parce qu’il dérange terriblement ledit Pouvoir.

Mais d’abord, une grande respiration, une grande bouffée d’air de la Montagne limousine en écoutant « I’m free » des Rolling Stones. C’est quand même compliqué, Sartre. 

*Paul Rebeyrolle est né à Eymoutiers, ville qui lui a consacré un Espace Paul Rebeyrolle, avec certaines de ses œuvres (peintures et sculptures) exposées toute l’année. Visite totalement indispensable. 

lundi 20 avril 2020

Entretien exclusif avec le maire de Saint Martin-Château

Exclusif : Nicolas Derieux, Maire de Saint Martin-Château a bien voulu répondre à nos questions.

-       Bonjours Nicolas, merci d’être avec nous aujourd’hui, comment va Saint Martin-Château ?
-       Très bien. D’autant mieux que nous sommes 15 conseillers municipaux maintenant.
-        ?
-       Oui, entre l’ancienne équipe, toujours en poste, et la nouvelle fraichement élue mais pas encore en responsabilité, cela fait 15 personnes, autant qu’à Peyrat-le-Château. Et comme on s’entend très bien… Le problème est que nous n’avons rien à faire.
-        ??
-       Eh bien, dans l’incapacité de se réunir, nous n’avons pu désigner les nouveaux responsables, voter le budget de l’année, prévoir les chantiers. Donc, rien à faire.
-       Mais la situation vous impose de nouvelles contraintes.
-       Tout à fait, mais assez peu. Nous nous sommes partagées les personnes âgées ou fragiles pour les « surveiller », mais tout se passe bien. Pour elles, cela ne change pas grand-chose, elles sont naturellement confinées depuis longtemps. 
-       Pas de personne fragile qu’il faut suivre de très près ?
-       Non, juste une qui a eu peur au début, mais maintenant ça va bien.
-       Avez-vous reçu des consignes particulières de la Préfecture ou des ARS ?
-       La Préfecture nous inonde de mails, mais ce sont les consignes gouvernementales, celles que l’on retrouve dans les journaux. Rien de particulier. L’ARS nous a envoyé un courrier sur les filtres des stations d’épuration, et comme nous n’avons pas de station…
-       Les employés municipaux continuent-ils à travailler ?
-       Nous avons deux secrétaires à mi-temps. L’une vient 2 à 3 fois par semaine, mais il n’y a pas grand-chose à faire, très peu de courrier. Pour les employés de voirie (deux mi-temps aussi), je les avais arrêtés dès le début. Ils ont repris aujourd’hui pour faire un peu de tonte.
-       Comment fais-tu circuler les informations aux habitants ? 
-       Il y a le site internet de la Mairie. Nous avons 110 abonnés pour 135 habitants. C’est bien. Pour les autres on leur passe un petit coup de fil. De plus, le journal « La Montagne » est abonné à notre site et reprend régulièrement les infos.
-       Et l’Auberge ?
-       Ça, c’est probablement le point noir. Elle est fermée certainement jusqu’en septembre. La gérante ne veut pas faire de repas à emporter, il y a trop peu de demandes ici. Comme c’est la commune qui est propriétaire, j’ai bloqué le recouvrement des loyers, on verra plus tard. L’autre gros souci, c’est qu’on ne peut plus aller boire une bière et y retrouver des amis. 
-       Au niveau du ravitaillement justement, comment cela se passe-t-il ?
-       Comme d’habitude. Les deux épiceries de Peyrat-le-Château et le boulanger font leur tournée et des producteurs font des livraisons. Cela va peut-être favoriser ce système très local, ce serait bien. 
-       Avez-vous eu une arrivée massive de citadins dans leur résidence secondaire ?
-       Non, pas du tout, il y en a deux, dont un était déjà là avant le confinement. 
-       Est-ce que cette crise va vous obliger à réfléchir à un autre type d’organisation communale ?
-       Non, je ne pense pas. Notre système semble assez bien adapté à la situation. Juste un point : nous ne pouvons réunir ni conseil municipal ni assemblée d’habitants.
-       Et pour toi personnellement.
-       Pour moi c’est bien. Je suis arrêté depuis le début, cela me donne du temps pour être avec mes enfants, les aider à faire leurs devoirs, bricoler dans la maison. 
-       Pas trop confinés les enfants ?
-       Pas du tout, il y a 50 ha de bois derrière chez moi, ils sont dehors tout le temps. 

-       Merci Nicolas, à bientôt et bon courage pour la suite

Clocher de Saint Martin-Château
Important

D’après une étude sur le « cluster » des Contamines-Montjoie, les enfants transmettraient peu le virus, leur charge virale restant faible. C’est sur France-Info, et je vous laisse lire l’article. C’est à confirmer par d’autres études, bien sûr.

Nouvelles de l’étranger

Une arrière-grand-mère, à propos de Damart : « Vous avez vu ? Ils font des promotions à - 40 %. Les pauvres, tous les vieux meurent, alors ils n’ont plus de clients. » 

Un enfant de neuf ans, à propos des gendarmes : « Ils inventent de nouvelles règles »

Attention, nouvelles consignes pour les attestations de déplacement : vous avez toujours le droit de les écrire à la main (pour ceux qui n’ont pas d’imprimante), mais le crayon noir est interdit ! Bic obligatoire, sinon 135 € (d’après la Police parisienne). 


Les médecins généralistes angevins sont furieux. L’ARS réquisitionne leurs cabinets (vieille tradition angevine) et envoie des médecins hospitaliers consulter à leur place. Ah oui, c’est vrai, le médecin généraliste est un inutile, qui ne saurait même pas diagnostiquer et soigner une grippe. 

En Touraine, ce sont les hospitaliers qui râlent. Dans « Le Monde », le Professeur Louis Bernard dénonce « le grand pouvoir de nuisances des ARS à travers ces fameuses procédures totalement anachroniques qui étouffent le bon sens et donc l’efficacité » ainsi qu’un « commandement aléatoire possédant une connaissance du terrain médiocre ».

Attention, les moutons noirs. Vous avez vu ce qui peut vous arriver ?



dimanche 19 avril 2020

Samedi, c'est marché

Vie locale

Marché
Toujours aussi animé, on sort enfin. Les gens sont contents de se revoir et discutent à n’en plus finir. Il nous a fallu 2 h ½ pour acheter 3 carottes, une plaque de beurre et 1 l de lait (plus quelques fleurs) !

 Marché
Le jardin
Après la couleur jaune (forsythia, narcisses, genêts, pissenlits), nous en sommes à la couleur bleu : sarriette, romarin, iris, bleuets et glycines illuminent nos journées. 

Sarriette
Et il faut bien ça, parce qu’après le débroussaillage et la première tonte, il a fallu faire le grand ménage de printemps dans le potager (c’est pour ma femme) et le jardin des aromates (c’est pour moi). Nettoyage des planches, un coup de grelinette, petite coupe de printemps sur le vieux pommier, tous les jours de plus en plus beau, il ne me reste que la planche des myrtilles à gratter et le paillage. Et puis, avec la pluie qui s’annonce ce week-end, début des semences et plantations. La semaine prochaine va être aussi agitée que les précédentes. 

Je ne m'en lasse pas, je vous le remets
Vu sur le « Populaire du Centre » :
Faits divers « Les policiers de Limoges font de la descente en rappel pour récupérer une femme bloquée sur le balcon du voisin ». Mais qu’est-ce qu’elle faisait sur le balcon du voisin ? Ah, les drames du confinement. 

Coronavirus

Pas d’initiative, svp ! 
Les maires sont priés de rester boire le pastis chez eux, surtout pas d’initiative, a dit notre Premier Ministre. Chez nous, ça ne va pas changer, ils avaient anticipé les ordres depuis le début et discutent sur les mérites respectifs des différentes marques d’anisette, mais pour les autres il est interdit d’interdire. 
Le Monde du 18/04 : Le Conseil d’Etat a décidé de limiter le pouvoir des maires, jugeant qu’ils ne pouvaient pas prendre d’autres mesures que celles décidées par l’Etat dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. La plus haute juridiction administrative se prononçait en référé sur un arrêté municipal qui avait imposé le port du masque dans la commune de Sceaux (Hauts-de-Seine). Le Conseil d’Etat pose comme seules exceptions à ce principe « des raisons impérieuses liées à des circonstances locales », mais « à condition de ne pas compromettre la cohérence et l’efficacité [des mesures] prises par les autorités de l’Etat ».

Nouvelle polémique 
Alors que l’on n’entend plus parler du Pr Raoult (ouf !), une nouvelle polémique démarre. Les médias, comme la nature, ont horreur du vide. D’où vient le SARS-CoV-2 ? Les chinois parlent depuis le début d’une contamination à partir d’animaux (pangolins) vendus sur le marché de Wuhan. Or, dans cette ville existe une université (le WIV, Wuhan Institute of Virology) équipé d’un laboratoire de haute sécurité construit avec l’aide de la France. D’où l’idée qu’une « fuite » accidentelle ait pu se produire. C’est une possibilité, nettement moins probable que l’hypothèse du marché, mais réelle. Une fuite de même type s’était produite en 1978 en Grande Bretagne avec le virus de la variole. Les chercheurs sont d’autre part formel, ce n’est pas un virus synthétique (« fabriqué » par l’homme). 

Déconfinement
Toujours pas de masque, en dehors de ceux que l’on fabrique, et toujours pas de tests diagnostiques. Donc, pas de déconfinement en vue.

Vidéo
Un petit extra philosophico-politique pour finir qui circule pas mal sur la toile en ce moment. 



vendredi 17 avril 2020

Rayon de soleil ?

Vie de tous les jours
 Des nouvelles de Paris, grâce à une correspondante fort sympathique :
« Ici, impossible de faire des courses depuis ce satané discours, c'est-à-dire depuis 3 jours. Il y a la queue jusque dans la rue devant les supermarchés, les gens sont redevenus fous, comme au début du confinement. En dehors de ça, les gens semblent profiter un maximum du confinement. Il n'y a jamais eu autant de piétons dans la rue, tout le monde est dehors : promenades en famille, vélo, footing. Dans ma rue, les gens revivent, sourient et s'entraident. Les effets du grand repos général. »
Bref, mai 68 est de retour, du moins à Paris ! Cela ne va pas faire plaisir à tout le monde.

La Gendarmerie Nationale recherche les délinquants. Ils sont venus survoler le lac de Vassivière en hélicoptère, mercredi après-midi, pour voir s’il n’y en aurait pas un qui, par hasard, voudrait narguer nos braves pandores. On ne connait pas le résultat de leurs investigations, mais on sait que, sous ce beau soleil, ils auront au moins profité d’un paysage exceptionnel. 

Lac de Vassivière
Le déconfinement
C’est la mode. Tout le monde en parle. La quille ! Mais comment la réussir ? Nos piou-piou avaient bien une technique autrefois, mais je ne sais pas si, à l’échelle d’un pays… 
J’ai donc choisi l’intervention du Pr Sansonetti, toujours clair et lucide : « Sortie de confinement, ou la somme de tous les dangers ». Vous la trouverez aussi dans le Dossier Coronavirus
Il y envisage toutes les possibilités, les mesures indispensables à un déconfinement de qualité, garantissant la sécurité sanitaire. Un deuxième article de même qualité que le premier.

Réseau Sentinelles
Vraie bonne nouvelle. Nette décrue du taux d’incidence des IRA (infections respiratoires aiguës) en médecine générale.
                        National          Nouvelle Aquitaine
Semaine 13      452                  313
Semaine 14      326                  253
Semaine 15      170                  131
La tendance parait claire, du moins en médecine générale. Le virus ne passera pas avril, comme tous les ans. Je vous ai mis l’intégral du bulletin dans les « Nouvelles du front ». Il faut savoir que la médecine générale a, dans ce type de situation, sept à quinze jours d’avance sur l’hôpital. En ce moment, on trouve à l’hôpital, les patients graves contaminés il y a une ou deux semaines. Sentinelles est donc un indicateur précoce.

Semaine 13
Semaine 14
Semaine 15















On voit bien l’atténuation progressive, sur toute la France, de l’intensité du bleu. 
Merci les MG, vous êtes les meilleurs !

Valeur de la vie
Suite à l’article d’hier de Thierry Weil sur la valeur de la vie, j’ai contacté l’URSSAF pour leur demander quel taux de taxation ils envisageaient pour cette valeur. Je n’ai pas de réponse pour l’instant.
Dans le même genre (taxes en tout genre), un qui ne perd pas le nord c’est le PDG d’AXA. Il nous propose une nouvelle « assurance pandémie ». Le gouvernement y réfléchit sérieusement. S’ils mettent autant de temps que pour le coronavirus, on est tranquille.

Le discours
La conclusion du discours de notre Président lundi soir n’a toujours fait l’objet d’aucun commentaire dans la presse, à la notable exception du « Corriere della Sera », à priori peu lu en France. Dans le genre « je tourne autour du pot », il y a bien un certain François Jullien, philosophe de son état, qui parle d’une seconde vie dans « Le Monde » (article réservé aux abonnés, vous ne perdez pas grand-chose). Bon, on va attendre qu’il soit arrivé à 7 vies.


jeudi 16 avril 2020

Nouvelles de la veille

Chez nous
Les vacanciers sont là et bien là. Figures pâles dans les rues, plombiers débordés, certains maires ont été amenés à faire des rappels aux ordres de confinement à ces garnements. Il faut dire que lorsqu’on voit ça…

Vieux pommier
C’est Geoffroy Roux de Bézieux qui fait le buzz en ce moment. Dans toutes les échoppes du canton on ne parle que de lui, pas vraiment en termes élogieux. Il a même réussi à faire taire les « tamalou ». Très fort. 

Le débat 
Grosse interrogation ces jours-ci : quelle est la valeur d’une vie ? C’est Thierry Weil qui lance le débat dans « The Conversation », « Sauver les êtres humains ou la croissance économique ». Son article est repris dans le JDD, sans prise de position du journal. Pour l’instant, personne n’ose s’aventurer sur ce terrain glissant. D’autant qu’il renvoie à un autre débat, le montant du budget carbone, évoqué dans cet autre article de « The Conversation », « Urgence climatique… ». Décidemment, ce journal aime mettre le bazar, au moins dans nos têtes. 
A propos, ils ne précisent pas le prix du vide. Vous savez, ce fameux vide qui vous submerge à la disparition d’un être cher, parent, enfant ami, conjoint. Un peu la même impression que lors du confinement. N’avoir plus personne à côté. Ne plus pouvoir s’appuyer, ne plus rire. Un monde qui s’écroule. Alors, combien le prix du vide, monsieur Weil ? 
André Comte-Sponville est le seul, semble-t-il, à mettre son grain de sel dans le débat. Il déclarait récemment sur France Inter : « Attention à ne pas faire de la santé la valeur suprême de notre existence ». Ce qui ne veut pas dire qu’il faut sacrifier des vies. 
Quand on vous disait qu’il fallait réfléchir avant d’agir. 

Un peu d’humour dans ce monde de brutes ?

Merci à son auteur (Deligne ?) et à celle qui me l'a envoyé, Marie.

En fait, il fait toujours trop beau pour réfléchir. Alors : tondeuse et nettoyage des planches d’aromates avant la pluie.



mardi 14 avril 2020

Le discours ou le printemps ?

Le discours

L’allocution du Président Macron est, bien sûr, l’évènement du jour. La presse, dans son ensemble, salue la performance du chef de l’État, « empathie et humilité », « date de la quille », « la meilleure intervention de cette crise », « rayon d’espoir », « une habile contrition »… Comme prévu, notre Président a annoncé la prolongation du confinement jusqu’au 11 mai. Cela nous le savions depuis longtemps, depuis quasiment le 16 mars. Aucune surprise. Le plan de reprise sera pour plus tard. De toutes façons, tant que nous n’aurons ni masques ni tests, il ne peut y avoir de déconfinement. 

Toute cette (grande) première partie du discours était faite pour rassurer un peu les esprits. Le plus intéressant est venu à la fin, en conclusion, si l’on veut. Hier, je vous avais donné à lire un article intéressant, paru en mars dans la revue Esprit, de Ramin Jahanbegloo : « Pandémie et politique », article validé par Harper dans « La peste et la chute ». Lisons ou relisons ces deux articles à la lumière de ce qu’a dit le Président Macron hier soir :

« Il nous reviendra dans les prochaines semaines de préparer l’après. Il nous faudra rebâtir notre économie plus forte afin de produire et redonner plein espoir à nos salariés et nos entrepreneurs, garder notre indépendance financière. Il nous faudra rebâtir une indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française et plus d’autonomie stratégique pour notre Europe. Cela passera par un plan massif pour notre santé, notre recherche, nos aînés, entre autres (…). Il nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience, qui seuls peuvent permettre de faire face aux crises à venir. 

Sachons dans ce moment sortir des sentiers battus, des idéologies et nous réinventer. Moi le premier. Il y a dans cette crise une chance pour nous ressouder, éprouver notre humanité, bâtir un autre projet dans la concorde, un projet français, une raison de vivre ensemble profonde, avec toutes les composantes de notre nation. Je tâcherai de dessiner le chemin qui rend cela possible. Mes chers compatriotes, nous aurons des jours meilleurs et nous retrouverons les jours heureux
. »

Les éditorialistes de la presse nationale paraissent être passés à côté de ce moment important du discours. Il semble que nous soyons à un moment clé de notre histoire politique. Dans quel sens allons-nous basculer ? Nul ne le sait pour l’instant. Il appartient d’abord d’y réfléchir. L’action est dans un deuxième temps, certes, mais le temps de réflexion sera court, et y serons-nous seulement associés ?

Et chez nous, que se passe-t-il ?

Eh bien, c’est le printemps dans toute sa splendeur. Nous avons salué vendredi l’arrivée des hirondelles et le chant du coucou. Depuis, les mésanges sont parties, laissant derrière elles quelques petits, encore trop jeunes pour se lancer dans le voyage. Les merisiers finissent de perdre leurs fleurs et les plus vieux chênes ont accroché à leurs branches de petites feuilles d’un vert très tendre. Seuls les châtaigniers résistent encore et toujours… 

Merisier dans la campagne

Si la pluie voulait bien s’inviter, il serait peut-être temps de planter pour les plus optimistes. Pour les autres, les saints de glace ne sont pas encore passés. Peut-on se lancer dans quelques aromates ? 
Après les pêchers, les poiriers, les pruniers et les cerisiers, ce sont les pommiers, Belchard et Reine des Reinettes en tête, qui fleurissent. Pas tous, la Belle Limousine et les Belles filles n’ont pas bougé, comme d’habitude. 

Reine des Reinettes

Les rosiers ont mis leurs premières parures. Pierre de Ronsard éclate, les autres sont encore prudents. Attention, les pucerons les ont déjà violemment attaqués. Les jeunes glycines démarrent, avec un peu d’avance sur leurs ainées. 
Les amélanchiers explosent. Les genêts sont magnifiques, avec un mois d’avance. L’herbe a bien poussé et certaines bordures ou même parcelles méritent un bon coup de fil. C’est bien. Nous venons tout juste de nous débarrasser de la tête de débroussaillage, les ronciers étant devenus impénétrables. Pour eux, rendez-vous est pris maintenant pour l’hiver prochain. 

Alors, aujourd’hui, jardinage ou désherbage ? Il fait trop beau pour réfléchir !

Bon courage.