mardi 7 avril 2020

Halte !

Désolé, pas d’article aujourd’hui. Oui, je vous vois pleurer, mais c’est ainsi. J’ai reçu beaucoup de nouvelles infos aujourd’hui, qu’il m’a fallu digérer, et qui ont généré pas mal de discussions (sur la toile). Avec mon grand âge, l’inertie est importante. Et puis, ma femme m’a prévenu que je n’avais pas le droit de travailler la terre demain (c’est la pleine lune). Donc, obligé de finir de nettoyer mon roncier aujourd’hui. C’est terrible ces diktats féminins. Heureusement que je peux la battre en toute quiétude. Il n’y a plus personne dans les rues. 
Donc, pour demain :
-       Infos de la gendarmerie
-       De la virologie
-       Des nouvelles de l’ARS
-       Des nouvelles de Mr Salomon (directeur général de la santé)
-       … si le cœur m’en dit
Encore une fois mille excuses.


Le marché de Bourganeuf avant le confinement.

lundi 6 avril 2020

Moi, je... !

Je voulais vous parler médecine en commençant par l’épidémiologie, et voilà que deux anciens ministres de la Santé, pas ceux qui nous ont laissé le meilleur souvenir, ont lancé une pétition pour tester les traitements à l’hydroxychloroquine, confortant ainsi le gourou marseillais dans sa position. Le buzz continue et c’est agaçant. 
Il y a plusieurs réflexions à faire là-dessus : 
-       Il n’existe pas de traitement efficace contre les virus, on se contente de contrôler les symptômes. Donc, pourquoi ne pas tester un truc original comme ce médicament.
-       Ce médicament est, au départ, destiné à prévenir le paludisme et à guérir les accès palustres, une maladie parasitaire endémique dans beaucoup de pays. Nous sommes très loin des maladies virales et de leur traitement possible, mais pourquoi pas, on a vu des choses plus bizarres en médecine.
-       Ce médicament est dangereux, mortel en cas de surdosage, donc à ne pas prescrire sans un contrôle médical strict. Il est distribué larga manu depuis des décennies en Afrique, mais les africains le connaissent bien et l’utilisent à bon escient ; pour eux, un médicament, c’est précieux. Ce n’est pas le cas en France où les traitements et les dosages sont allègrement détournés quelque soit la pathologie. Les médecins proposent et les patients disposent.
Alors que faire ?
-       Tout d’abord le tester scientifiquement, ce que personne n’a fait jusque-là, pas même la grande gueule marseillaise. Ce test a été lancé il y a 15 jours sur 3.200 patients européens, dont 800 français, par une équipe lyonnaise. Les résultats seront longs à venir, mais il a toujours fallu être patient en médecine où la devise a toujours été « Primum non nocere ». 
-       Peut-être autoriser quelques équipes de réanimation à le donner « au pifomètre », pour voir. Ce n’est pas très scientifique, mais cela peut rassurer certains. Effet placebo ?
Il y a une phrase que j’ai retenu un jour en interrogeant un vieux patient qui avait fait dix ans d’Afrique. Il y avait ramassé pas mal de cochonneries, bactériennes ou parasitaires, mais, a-t-il ajouté, jamais de maladie virale. Il prenait, à l’époque de la chloroquine, 100 mg tous les midis. Alors, un effet préventif de ce médicament ou bien était-il dans une région trop chaude où les virus ne pouvaient pas se développer ? Ça, ce serait à tester. 
Enfin, comme d’habitude en France, plus on gueule et plus on a raison. J’avoue avoir de plus en plus de mal à supporter les gens qui abusent de leur position et déclarent avoir LA vérité sans jamais le prouver. On n’a plus le droit de faire ça quand on est professeur de médecine. 

Marché africain (Bénin)

Je vous propose à partir de demain le programme suivant :
-       Les origines du virus
-       Son épidémiologie
-       Ses caractéristiques
-       La maladie qu’il induit
-       La pandémie qui en découle

En attendant, plus de confusion s’il vous plait. Le virus en cause, de la famille des coronavirus, est le SARS-CoV-2. La maladie qu’il induit, de type grippe, est la Covid-19. Enfin, la pandémie est la diffusion mondiale de ce virus.

dimanche 5 avril 2020

Enfin, Malherbe[1] vint !

Enfin deux décisions censées : 
-       l’autorisation du port du masque, pas d’inquiétude, on ne vous a pas attendu. On en a déjà fabriqué. Si vous ne savez pas coudre, il suffit de cliquer sur Youtube pour avoir tous les tuto possibles. 
-       l’autorisation de vente de plants et graines. On ne vous a pas attendu non plus, mais cela va économiser de nombreux kilomètres. Au lieu de faire déplacer 100 consommateurs vers la pépinière, on ne va faire déplacer qu’un seul commerçant vers le marché… s’il est ouvert ! Il est vrai que semer des graines ou planter en cette période, c’est vouloir ôter le pain de la bouche de Mr Super-Hyper-Machin, refuser la diffusion du virus dans ses grandes surfaces, bref faire du mauvais esprit. 
Alors, Mr le Président, c’est pour quand le changement « d’experts » ?

Changeons de sujet, sinon je vais m’énerver. Parlons plutôt du Limousin paradoxal. Méfiez-vous des statistiques. Le Limousin est un beau pays, certes, mais les limousins ne font rien comme tout le monde. Un article du « Monde », daté du 3 avril le prouve : 
Les journalistes (ils se sont mis à plusieurs pour réussir cela) nous proposent une carte de France des départements, avec l’évolution des décès depuis un an (référence : mars 2019). En cliquant sur la Haute-Vienne, vous pouvez noter : baisse de la mortalité de 4,4% (-14 décès), malgré 10 morts de Covid-19. Bien. Creuse : hausse de 24% de la mortalité (+ 24 décès) avec 0 décès lié au coronavirus ! Heureusement que, toujours d’après « Le Monde », les accidents de la route sont en forte baisse. Le Préfet contacté n’a pu répondre, il aurait fait une « nervous breakdown » à la lecture du journal. 

Après avoir fait le grand écart entre Camus et Astérix, je persiste. Vous trouverez quelques BD gratuites dans le chapitre « Lectures ».

Je vous avais promis une page « Nature ». Elle démarre cette semaine. On va essayer de faire aussi bien mal que les ARS, un bilan hebdomadaire. 

L’abbé est déchainé en ces temps de fête. Il nous a prié de passer un message. Nous n’avons pu refuser : 



Demain lundi, retour aux choses sérieuses. Nous reparlerons du coronavirus, de la Covid-19 et de la pandémie de façon plus scientifique.

Bon dimanche !




[1] Auteur du célèbre poème : Prière pour le roi allant dans le Limousin

samedi 4 avril 2020

Non !

Ici, on ne parlera pas du nombre de morts la veille, ni des décès en EHPAD, ni de D. Trump ou de quelqu’autre paltoquet. C’est beaucoup trop dramatique et cela nous renvoie à nos angoisses. Ici, on est là pour se détendre un peu dans cette période si difficile. De plus, ce qui nous intéresse, c’est l’information locale, même si nous avons tous des amis ou des parents au loin. Le Populaire publie aujourd’hui les statistiques du Limousin. Vous les trouverez ici.

Du calme, on ne s’énerve pas, il y a d’autres ronciers, avec même, au milieu, des merisiers en fleur. On respire bien fort et on ouvre grand les yeux.


Cliquez pour agrandir

Autre sujet important : la cuisine. Donc, vous trouverez dans « La Cantine » la recette de la tarte normande, facile à faire, excellente et fort peu calorique (juste ½ l. de crème à 40 % minimum). Je ne vous ferai pas l’affront de vous mettre la recette de la flognarde, aussi, la semaine prochaine, vous aurez droit à des petites choses à base de chocolat en prévision des fêtes pascales.

A propos de Pâques, demain ce sont les Rameaux. Nombre d’entre nous s’interrogent sur la façon dont ils vont être bénis cette année. Nous avons joint le curé notre paroisse qui nous a affirmé avoir trouvé LA solution ! Les rameaux seront bénis par l’opération du Saint Esprit. Vous vous plantez avec votre buis au milieu du salon, à l’heure de la messe dimanche, et pouff ! c’est fait. Vous n’avez rien vu mais l’Esprit Saint est passé chez vous (sans frapper, ce qui n’est pas très correct). Pour toutes les explications, voir « Rameaux » dans « Informations Pratiques ». Ils ont même le mode d’emploi. Très forts les curés.

Toujours dans ces « Informations Pratiques », j’ai résumé l’état actuel de nos marchés locaux. J’essaierai de mettre cette page à jour régulièrement.

vendredi 3 avril 2020

Mea culpa


J’ai bien fait de pousser un coup de gueule hier. Aujourd’hui, je ne le pourrais pas. Je viens en effet d’apprendre que plusieurs marchés avaient rouvert : Eymoutiers (sous réserve que tout se passe bien), Saint Léonard (sans condition mais délocalisé au Champ de Foire). Pour les autres, c’est encore fermé. Royère : plus rien avant l’été. Bourganeuf : le maire ne souhaite pas prendre la responsabilité de le rouvrir. Peyrat-le-Château, ni l’ancien maire ni le nouvel élu n’ont fait de démarche en ce sens. Blanc bonnet et bonnet blanc ? Même pas puisque c’est la cinquième adjointe (sur la liste) qui, faisant office de maire, nous envoie une liste des commerçants du marché… d’Eymoutiers. 
Ne boudons pas notre plaisir. C’est bien, nous allons retrouver quelques-unes de nos vieilles habitudes, et surtout nos amis commerçants vont pouvoir survivre dans ce contexte peu réjouissant. 

Il y a quand même de quoi se détendre parfois en détournant légèrement certains articles de nos amis journalistes ou élus. 
Aujourd’hui Le Monde fait un festival : 
« Coronavirus : les accidents de la route en forte baisse »
Eh oui, si l’on ne roule plus… En piste pour le Grand Prix de l’Humour 2020. On devrait avoir droit bientôt au « Baisse du CO2 dans l’air ». 
Nos élus ne sont pas en reste. A Peyrat-le-Château (encore eux), la mairie est fermée, mais :
« Le secrétariat reçoit les urgences uniquement sur rendez-vous »
La concurrence est rude en ces temps de « guerre ». On va lancer un concours. Envoyez-nous les bons mots que vous pourrez glaner déci-delà. 



Qu’y a-t-il au menu ce matin ?
Dans les Nouvelles du Front, vous trouverez le tant attendu bulletin hebdomadaire du réseau Sentinelles pour la semaine 13, ainsi que les informations des mairies de nos villages. 
Dans les Lectures, des alliés de poids pour « passer un savon au virus » : Astérix et Obélix ! 

jeudi 2 avril 2020

Le coup de gueule du jour

Une des choses qui nous gêne le plus, et qui est un drame pour nos amis commerçants, c’est la suppression des marchés. J’avoue ne pas très bien comprendre pourquoi la vente de produits alimentaires ou autres est plus dangereuse en plein air que dans une grande surface. Pourquoi serait-il plus difficile de respecter une distance de sécurité sur nos places plutôt que chez Super-Hyper-Machin. Pourquoi le sachet de champignons de Paris, tripoté par 50 personnes, contiendrait moins de microbes que le pochon des mêmes champignons touché par votre seul commerçant. Pourquoi les milliers de kilomètres parcourus par ces denrées offriraient plus de sécurité que les quelques malheureux kilomètres effectués par nos commerçants locaux.  Nous sommes en train de détruire tout ce tissu local péniblement constitué. D’autant plus que la seule volonté de nos maires pourrait changer les choses.

Le Monde, 28 mars 2020 :
Par ailleurs, concernant la décision d’interdire les marchés « couverts et ouverts », Mme Chaize, porte-parole du ministère de l’Intérieur, a précisé qu’un maire pourrait demander au préfet « l’autorisation de l’ouverture d’un marché alimentaire », à la condition qu’il y ait « un strict respect des consignes sanitaires ». Un protocole a été trouvé en ce sens entre les acteurs du secteur agroalimentaire et l’Etat. La FNSEA et la fédération nationale des marchés de France ont établi un « protocole de bonnes pratiques pour les marchés », détaillant les conditions permettant une réouverture de certains marchés primeurs, qu’ils soient couverts ou de plein air, « validé par les ministères de la santé, de l’agriculture, Bercy et l’intérieur », a fait savoir le syndicat agricole majoritaire FNSEA vendredi.

Battons-nous. Demandez la réouverture de ces espaces essentiels à votre maire. Il peut le faire, il doit le faire. En attendant, je vais commencer un carnet d’adresses des commerçants qui peuvent encore vendre chez eux. Pratique cette interdiction. Plutôt que de limiter les déplacements, cela va les multiplier allègrement. Et puis je vais commander une livre de fraises d’Afrique du Sud sur Amazon et me faire livrer à domicile ! 

C’était le coup de colère du jour. Il faut que je trouve un autre roncier pour me défouler. 





Que de problèmes !

Mercredi premier avril 2020

Bonsoir,
Après avoir jeté mon ordinateur par la fenêtre, je suis allé me calmer en ravageant un roncier qui ne m’avait pourtant rien fait ! Les effets sournois du confinement ? Point, mais plutôt un gros nœud à l’endroit du cerveau où se situe la compréhension des logiciels informatiques. 
En rentrant, j’ai retrouvé mes angoisses, alors j’ai mis ce tableau plein écran :



Quelques minutes après le calme était revenu. Et même une certaine sérénité. Alors, cernons les problèmes. Vous avez tous remarqué qu’il manque une photo dans l’article sur Camus. Eh bien, impossible de corriger ce défaut. Pas grave (effet zen de Dürer), on s’en passera. Impossible (pour l’instant) d’accoler une boite aux lettres à ce site ? Grave, mais on y arrivera. 

Grande journée pourtant, première réaction d’une citoyenne. Après avoir fait ses courses au bourg, elle me contacte pour me signaler une impression de grande tristesse des habitants qui se croisent de loin (c’est bien), mais tête baissée (c’est moins bien) et trottant d’un air pressé et préoccupé. Est-ce l’effet du coronavirus qui génère pas mal d’angoisses, où est-ce simplement la perte de sociabilité, l’impression d’être confiné même lors de nos sorties ? Va-t-on se recentrer sur la famille nucléaire ou celle-ci va-t-elle imploser ?

Chapitre le confinement, c’est bien. 
Profitons-en pour faire des choses que l’on n’a pas (ou plus) l’habitude de faire.
Observation de la nature : 
Je n’ai pas encore entendu le coucou ! L’ais-je raté ? Un abonnement gratuit à qui le signalera en premier. Pourtant, les oies et les grues étaient en avance cette année (début février) et la floraison des fruitiers est très précoce. 
Bonne idée, on va ouvrir une page « Nature ». 
Cantine :
L’Atelier est fermé. Drame épouvantable. Nous sommes donc dans l’obligation de cuisiner de bons petits plats pour survivre (et surtout se remonter le moral). Un gâteau ? Rendez-vous sur la page « Cantine ». 
Lecture :
La page est déjà ouverte avec un petit article sur Camus. Oui, je sais, il manque la photo ! Je retourne dans le roncier.

P.S. : Vous avez vu ? Elle y est ! (la photo de Camus)